Au départ de La Réunion, les flottilles des différentes filières explorent des zones de pêche variées, depuis les eaux froides de l'océan austral jusqu'au-delà de l'équateur.
Les ZEE françaises de l'océan Indien
Les ZEE (Zones Économiques Exclusives) françaises de l'océan Indien, autour de La Réunion, de Mayotte, des Îles Éparses et des Terres Australes, représentent plus de 25% de l'ensemble des eaux sous souveraineté françaises dans tous les océans mondiaux.
| ZEE | Surface (km²) |
| La Réunion |
317 356
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| Mayotte |
69 238
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Îles Éparses (Tromelin, Glorieuses, Juan de Nova, Bassas de India, Europa) |
634 853
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Île Saint-Paul et
Île Amsterdam
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510 699
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Archipel Crozet
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572 919
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Îles Kerguelen
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565 723
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Leurs superficies totales cumulent 2,8 millions de km², soit plus du quart de la totalité des 10, 2 millions de km² de ZEE françaises à l’échelle mondiale. Elles représentent une grande partie des zones de pêche exploitées par les flottilles de pêche réunionnaises, et un enjeu de souveraineté important au niveau alimentaire comme géopolitique.
Seules les ZEE de La Réunion et de Mayotte, aux titres de Régions Ultra Périphériques de l'Union Européenne, sont soumises à la règlementation européenne des pêches. Toutes les autres ZEE françaises sont soumises à la règlementation particulière des TAAF.
Les Terres Australes Françaises
![]() Dauphin de Commerson à Kerguelen |
![]() Albatros à Bec Jaune à Amsterdam |
L’ensemble des ZEE des Terres Australes est sous un statut de Réserve Naturelle Nationale, garantissant le degré de protection maximal des écosystèmes marins naturels dans le droit français, et seule une partie de ses surfaces maritimes est exploitée par la pêche.
Situées dans les eaux australes entre les « 40èmes rugissants » et les « 50èmes hurlants », à près d’une semaine de mer de La Réunion, les ZEE autour de Kerguelen et de l’archipel de Crozet sont uniquement autorisées aux navires de pêche réunionnais titulaires d’autorisations de pêche délivrées par l’administration des TAAF sur la base de critères exigeants, notamment l’obligation de débarquer à La Réunion. Seules les zones de profondeur entre 500 m et 2000 m de profondeur sont autorisées et accessibles aux palangres de fond utilisées pour cibler la légine australe dans ces eaux.
Au Nord-Est de Kerguelen, les îles de Saint-Paul et Amsterdam, dans des eaux plus tempérées, regorgent aussi d’une biodiversité exceptionnelle. Seuls trois navires de pêche réunionnais sont autorisés à y cibler la langouste de St.Paul et plusieurs espèces de poissons, de manière saisonnière pour préserver la période de reproduction de l’espèce principale exploitée.
Les Iles Éparses et le Canal du Mozambique
![]() Une plage des Glorieuses |
![]() L'îlot de Tromelin |
Véritables « confettis » issus de l’historique présence française dans l’océan Indien, les Îles Éparses (Europa, Bassas de India, Juan de Nova et l’archipel des Glorieuses - aussi sous statut de Réserve Naturelle Nationale - au Nord de Mayotte dans le Canal du Mozambique, et Tromelin au Nord de La Réunion), constituent des surfaces considérables sous souveraineté française et gestion de l’administration des TAAF depuis 2007. Seuls les navires titulaires de licences de pêche délivrées par cette administration sont autorisés à y exploiter les ressources pélagiques thonières.
Avec la ZEE de Mayotte, département français depuis 2011 et région ultrapériphérique de l’Union Européenne depuis 2014, ces surfaces maritimes en milieu tropical constituent des zones de pêche accessibles aux navires palangriers hauturiers réunionnais ciblant l’espadon et les thons tropicaux, ainsi qu’au thonier senneur « Dolomieu » immatriculé à La Réunion.
Crédits photos: TAAF
Les ZEE des pays tiers
| Dans le cadre des Accords de partenariat dans le domaine de la pêche durable (APPD), conclus par l’Union Européenne avec les pays tiers, les navires européens, dont réunionnais, peuvent de nouveau exploiter les eaux des ZEE de Madagascar depuis 2023 en particulier. Cela permet notamment aux palangriers réunionnais hauturiers d’assurer une exploitation continue depuis La Réunion jusqu’aux ZEE des Îles Éparses du Canal du Mozambique -> | ![]() |
La haute mer
Seuls les navires de pêche au large (palangriers hauturiers) et de grande pêche (pêche thonière tropicale) peuvent exploiter les eaux du large, hors des ZEE, et ils y sont soumis à la gestion concertée des ressources thonières (intégrant aussi les ZEE des pays riverains) par la Commission des Thons de l’Océan Indien (CTOI).
La ZEE de La Réunion
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Dans les 200 milles nautiques
autour de La Réunion, ou égale distance des côtes de l’île voisine de Maurice,
les activités de pêche sont strictement réservées aux navires réunionnais. Ce
sont les palangriers de pêche côtière et hauturière qui peuvent exploiter ces
surfaces maritimes, et notamment au-dessus des hauts-fonds que constituent les
monts sous-marins alentours (comme le Mont La Pérouse à 90 milles nautiques au
Nord-Est, ou d’autres massifs au Sud et dans l’Ouest de l’île). |
Dans les 20 milles nautiques autour de La Réunion
| Le segment de la pêche palangrière côtière (appelée aussi « mini longline ») est constitué
de petites unités qui ne sont autorisées à naviguer qu’en-deçà des 20 milles
nautiques à distance des côtes de La Réunion. Afin de protéger le parc des DCP ancrés de la dérive de ces palangres horizontales de surface, les pêcheurs
titulaires des licences délivrées par le CRPMEM de La Réunion sont aussi dans
l’obligation de filer et virer leurs lignes au-delà des 12 milles nautiques.
Cette bande de 8 milles nautiques de large accueille ainsi les palangres
équipées de quelques centaines d’hameçons des 25 navires autorisés, dont le
contingent est limité par licence du fait des difficultés
d’augmenter l’effort de pêche dans une zone déjà densément pratiquée. |
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Les eaux territoriales dans les 12 milles nautiques
![]() Les DCP ancrés pour la pêche aux espèces pélagiques |
![]() Les zones de pêche aux poissons démersaux |
Dans les eaux territoriales de La Réunion (12 milles nautiques), ce sont les navires de petite pêche, ou « pêche artisanale côtière », qui pratiquent aussi bien la pêche à la traîne ou à la ligne à main autour des DCP ancrés, que la pêche des espèces démersales jusqu’à des profondeurs de plus de 500 m. C’est la zone côtière qui est la plus pratiquée, du fait des plus grandes facilités d’accès et de la présence de zones plus abritées des conditions météorologiques, en particulier dans l’Ouest de l’île, « sous le vent » des alizés, le régime de vents d’Est le plus souvent établi à La Réunion.
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<- Dans l’Ouest de La Réunion, la
Réserve Nationale Marine de La Réunion (RNMR) s’étend du Cap La Houssaye au Sud
de la Baie de Saint-Paul, jusqu’à la Roche aux Oiseaux au Nord de l’embouchure
de la Rivière Saint-Etienne. Le long de ces un peu plus de 30 kilomètres de
linéaire côtier, où dominent les récifs coralliens particulièrement fragiles et
ainsi soumis à des mesures de protection renforcée, la règlementation relative
à la pêche dépend des zones classées selon différents degrés de protection, de
l’interdiction totale d’accès à des zones strictement réservées à la pêche
professionnelle, pour seulement 3 types de pêche autorisés selon les périmètres. |
Les embouchures de rivières
| La pêche à pied professionnelle
est pratiquée dans les canaux entretenus aux embouchures des 12 rivières pérennes de La Réunion, présentes surtout dans l’Est de l’île, le long de la
côte « au vent », où les pluies sont plus abondantes et les débits d'eau douce plus assurés. Désormais strictement encadrée, la pêche aux
bichiques fait l’objet d’une règlementation qui définit des zones autorisées,
délimitées par des balises physiques implantées autour des secteurs concernés. |
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