Les écosystèmes marins des mers australes sont riches d'une grande diversité d'espèces de poissons notamment. La légine australe, très bien ciblée grâce à une technique très sélective, est la plus importante des espèces ciblées par la pêche, et représente les débarquements les plus élevés par les navires de pêche basés à La Réunion.
La légine australe

La légine australe (Dissostichus eleginoides) est une espèce de poisson d’eau froide, à longue durée de vie, pouvant atteindre 35 ans et 2 mètres de long et plus de 80 kg. L’espèce est exploitée par les palangriers congélateurs réunionnais sur les fonds et les pentes du plateau des Kerguelen et autour de l’archipel de Crozet dans l’océan Austral, jusqu’à 2500 mètres de profondeur. Ne disposant pas de vessie natatoire, elle peut être remontée de ces grandes profondeurs sans barotraumatisme, ce qui permet de marquer et relâcher 1 individu sur 100 remontés sur les palangres de fond des navires réunionnais, ce qui contribue à apporter des données très précieuses pour l'évaluation fine de l'état des populations exploitées. Sa haute valeur commerciale est liée à la forte demande des marchés asiatique (Chine) et américain (Etats-Unis) en particulier, où la quasi-totalité de la production réunionnaise (5950 tonnes EPV de TAC en 2025) est exportée.
État des stocks
Pour des raisons encore étudiées par le MNHN, mais vraisemblablement liées à des changements globaux liées au réchauffement climatique, la productivité naturelle des stocks de légine australe (le "recrutement") de Kerguelen et de Crozet soulève des inquiétudes pour l'avenir de son exploitation aux niveaux de captures qui étaient permis au cours de la dernière décennie. Le Total Admissible de Captures (TAC) a ainsi été diminué à Kerguelen au cours des deux dernières campagnes de pêche 2024-2025 et 2025-2026, et des campagnes d'évaluation du recrutement sont désormais régulièrement menées afin de mieux quantifier ce phénomène.
La langouste de St.Paul

L’autre espèce principale exploitée dans les eaux des TAAF est la langouste de St.Paul (Jasus paulensis), une espèce de langouste de petite taille abondante autour des îles de Saint-Paul et Amsterdam, où des champs de hautes algues laminaires lui offrent abri et nourriture à ses stades juvéniles. Les navires caseyeurs qui exploitent cette ressource au départ de La Réunion débarquent annuellement autour de 400 tonnes de cette langouste, consommée localement et exportée sur les marchés mondiaux.
État des stocks
Grâce à des mesures de gestion ayant porté leurs fruits au cours des dernières années, notamment en relâchant les plus jeunes individus ("sous-taille") à l'endroit exact de leur capture, les niveaux d'exploitation des stocks de Saint-Paul et d'Amsterdam ne soulèvent pas d'inquiétude majeure.
Les poissons de Saint-Paul et Amsterdam
En complément de la langouste, d'autres espèces de poissons sont aussi pêchées par les navires titulaires d'autorisations de pêche dans ces eaux côtières très riches, et sont soumises à des TAC fixés par les TAAF: il s'agit du cernier de Nouvelle Zélande (appelé "cabot", Polyprion oxygeneios), du saint-paul (Latris lineata), du bleu (Nemadactylus monodactylus) et du rouffe antarctique (Hyperoglyphe antarctica). Les TAC de ces espèces sont rarement atteints, et il est peu probable que leurs stocks soient surpêchés.
| Un impressionnant cernier de Nouvelle Zélande (Polyprion oxygeneios) pêché en complément de la langouste à Saint-Paul et Amsterdam -> | ![]() |
