La palangre horizontale dérivante (LLD)

Cette palangre filée en surface, qui dérive au gré des courants (des bouées radio et GPS permettent aux pêcheurs de les suivre et les récupérer), est appelée « longline »: c'est cette technique, améliorée au cours des années 1990 avec des systèmes d'agrafes semi-automatiques ("snaps") et des lignes en nylon épais, qui a permis d’accéder aux ressources pélagiques plus au large et de débarquer des quantités de poissons plus significatives pour alimenter le marché local et l’export.
![]() Stockeur et filet de stockage des bouées et flotteurs sur le pont arrière d'un longliner |
<- le "stockeur", sur le pont d'un "longliner", est la grosse bobine de ligne mère activée par hydraulique pour gérer le virage de ces dizaines de kilomètres de lignes dérivantes, auxquelles sont "snapés" les avançons de lignes équipées d'hameçons et appâtées avec des calmars, dont les espadons sont friands. Sur le pont d'un "longliner", en plus des caisses d'avançons, on trouve aussi des dizaines de bouées et de flotteurs qui permettent à la ligne de flotter et de dériver au gré des courants, dans la couche de surface de l'océan Indien tropical -> |
![]() Caisses d'avançons sur le pont d'un longliner |
Elle est pratiquée dans la bande des 12 à 20 milles nautiques par les « mini longliners » et plus au large par les palangriers hauturiers. Depuis 2023, une nouvelle technique, la « mini-mini-longline », constituées de lignes très courtes avec seulement quelques dizaines d’hameçons, est aussi possible à l’intérieur des 12 milles nautiques.

En filant de nuit, avec des lignes proches de la surface et l’utilisation d’appâts adaptés (encornet notamment), c’est l’espadon qui est l’espèce ciblée et majoritaire dans les captures, et toutes les espèces accessoires d’intérêt commercial sont valorisées (thons, marlins, dorades coryphènes, bonites…).

Toutefois, du fait de la dérive en milieu pélagique de ces lignes, les captures accidentelles d’espèces sensibles peuvent être significatives (raies et requins pélagiques, tortues marines…). À La Réunion, les professionnels se sont mobilisés pour mettre en œuvre un ensemble de bonnes pratiques pour limiter ces captures accidentelles et en favoriser la survie après relâche.
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<- Un requin renard gros yeux (Alopias superciliosus) pris sur une ligne de pêche à la palangre horizontale dérivante de surface : bien vivant, il sera immédiatement libéré par les pêcheurs. |
| Ils ont ainsi été parmi les premiers dans l'océan Indien à systématiser l'utilisation de bas de ligne en nylon pour que les requins s’échappent
d’eux-mêmes, à adapter les profondeurs de pose pour éviter certaines espèces sensibles, et à complètement arrêter la pratique du "finning" dès les années 2000, plus de 10 ans avant l'obligation règlementaire européenne … |
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<- L’utilisation d’hameçons circulaires, la mise en oeuvre de procédures de remise
à l’eau et d’enlèvement des hameçons pour les tortues marines, au besoin ramenées à
terre pour être soignées et prises en charge par le Centre d’Etude et de Découverte des Tortues Marines – CEDTM de La Réunion, sont aujourd'hui des mesures généralisées à la suite du programme Save Turtle Run mené en coopération avec le CRPMEM de La Réunion et l'ARIPA, et de sa poursuite actuelle avec le programme Active. |
Ces initiatives, alliées à une bonne gestion du stock d’espadon à l’échelle de la CTOI, ont permis à l’ensemble des navires de pêche palangrière de La Réunion de bénéficier depuis 2022 de l'écolabel MSC, le plus reconnu au niveau international.






