Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de La Réunion

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CRPMEM

Les espèces tropicales

Les espèces démersales

Les eaux marines réunionnaises regorgent de dizaines d'espèces vivant près du fond, dites démersales

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Ce sont les espèces qui vivent proches du fond marin, et dont le cycle de vie dépend du substrat océanique, pour s’y cacher, se reproduire, chasser leurs proies, etc… À La Réunion, du fait des pentes très raides du massif volcanique qui constitue la structure géologique de l’île, « point chaud » au milieu du plancher océanique, les profondeurs deviennent vite très élevées à une distance relative faible des côtes (1000 m de fond à moins de 10, voire 2 milles nautiques du bord !) : les zones de distribution de ces espèces « de fond » sont ainsi particulièrement limitées, et les rendent particulièrement sensibles à la surexploitation par la pêche, qui s’y est historiquement concentrée. Leur chair blanche et fine en fait une des ressources halieutiques les plus appréciées des réunionnais : la pression sur ces espèces ne risque pas de diminuer facilement ...

Comme les autres îles du sud-ouest de l’océan Indien, La Réunion est considérée comme un « pointchaud » de la biodiversité marine, pour la grande diversité de ses espèces marines, certaines endémiques, notamment démersales et récifales : ce sont des milliers d’espèces d’organismes variés et plus de 200 espèces de poissons que l’on retrouve dans les eaux côtières de La Réunion, dont plus de 90 espèces d’intérêt commercial pêchées plus ou moins régulièrement. Même si ces espèces sont nombreuses, au total, ce sont moins de 100 à 150 tonnes qui sont pêchées annuellement de ces espèces « de fond » (soit moins de 20% des débarquements globaux de la pêche artisanale côtière), du fait de leur faibles abondances relatives.

Une zonation est proposée sur la base de la définition des « zones fonctionnelles » proposées par Ifremer Réunion dans son étude IPER-DMX en 2023, reprenant les espèces les plus caractéristiques de ces différentes classes de profondeurs.


Les démersaux profonds

Entre 400 et 600 mètres de profondeur

Zones DMX 400 600m

Dans les « grands fonds marins » (i.e., les zones de profondeur supérieure à 200 mètres), à La Réunion, les espèces « démersales profondes » sont ciblées de 400 m jusqu'à plus de 600 m de fond par les pêcheurs artisans réunionnais au moyen de moulinets et treuils électriques, qui, depuis aujourd’hui une vingtaine d’années, leur permettent désormais d’y filer leurs hameçons pour explorer ces ressources nouvellement exploitées.

Beryx
Béryx
Zambas brème noir
Zambas

Parmi ces espèces, le zambas (castagnole ou brême noire, Eumegistus illustris) est celle qui, du fait de poids individuels plus élevés et de plus fortes abondances, représente le tonnage le plus élevé, jusqu’à environ 20 tonnes annuellement. C’est l’espèce la plus caractéristique des grandes profondeurs autour de La Réunion (avec les béryx Beryx decadactylus, parfois appelés « zambas roses »), et celle la plus exploitée au cours des dernières années, jusqu’au-delà de 400 m à plus de 600 m de fond (zones de plus grandes étendues spatiales autour de l’île). Ces espèces sont aussi considérées comme benthopélagiques, car elles vivent indifféremment sur le fond (milieu benthique, démersal) ou dans la colonne d'eau (pélagique).


Entre 250 et 400 mètres de profondeur

Zones DMX 250 400m




Gros tete



Vivaneau gros tête
Vivaneau la flamme
Vivaneau la flamme

Dans la classe de profondeur immédiatement supérieure (entre 250 et 400 m de fond), on retrouve surtout des espèces caractéristiques de vivaneaux profonds, parmi lesquelles le vivaneau la flamme (Etelis coruscans), le vivaneau gros tête (vivaneau rubis Etelis carbunculus), le « ti dents » (vivaneau pâle Etelis radiosus) ou le « cerf volant » (colas orné Pristipomoides argyrogrammicus). Là où il n’était pas rare de pêcher de très gros individus de « la flamme » ou de « gros tête » il y a quelques dizaines d’années, ces poissons pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilos et jusqu’à 1 m de long, ce sont surtout de petits individus qui sont aujourd’hui remontés, pour moins de 20 tonnes annuelles et de plus en plus rarement…

Zepine
Requin zépine

A ces profondeurs et au-delà, les petits requins zépines (Squalus megalops) sont aussi présents plus secondairement, mais peuvent parfois être relativement abondants dans les captures.


Entre 100 et 250 mètres de profondeur

Zones DMX 100 250m

Vivaneau blanc filamentosus
Vivaneau blanc


Lantanier



Lantanier
Vivaneau gros zecal
Vivaneau gros zekal
Colas bagnard
Jaune thomas

Au-dessus encore, entre 100 m et 250 m de profondeur, une plus grande variété d’espèces sont pêchées de manière caractéristique, parmi lesquelles toujours des vivaneaux comme le vivaneau gros zékal (colas à bandes dorées Pristipomoides multidens), parmi les plus débarqués à la Réunion (jusqu’à 20 tonnes selon les années), le vivaneau blanc (colas fil Pristipomoides filamentosus), le jaune thomas (colas bagnard Pristipomoides zonatus), le lantanier (vivaneau argenté Aphareus rutilans) ou le ti jaune gueule rose (vivaneau à raies bleues Lutjanus notatus).

Epinephelus radiatus
Cabot rayé



Poisson soldat

Cardinal

On trouve aussi à ces profondeurs les premiers mérous comme le cabot rayé (mérou zébré Epinephelus radiatus) ou le cabot de fond (mérou comète Epinephelus morrhua), des poissons soldats appelé cardinal à La Réunion (Myripristis chryseres ou Myripristis murdjan, représenté ci-dessus) et des daurades comme les zaigrettes roses (spare soldat Argyrops filamentosus).

Merou pintade
Grifin

D’autres mérous apparaissent de manière plus complémentaire à cet étage des fonds marins réunionnais, comme le grifin (mérou pintade Epinephelus chlorostigma), désormais interdit de pêche du fait de sa rareté, ou le rouge ti-tête ou rougette peau dure (mérou à bouts rouges Epinephelus retouti).

 

Les poissons récifaux et côtiers

Entre la surface et dans les 100 premiers mètres de fond, on trouve les rares plateaux insulaires réunionnais (les hauts-fonds appelés "secs" à La Réunion), les zones sableuses et les récifs coralliens et rocheux côtiers.

Zones DMX 0 100m

On y retrouve des espèces démersales plus inféodées aux milieux récifaux bordant les côtes de l’île, et notamment les pentes externes des récifs coralliens, appelés «lagons » à La Réunion, les récifs frangeants qui bordent les côtes ouest et sud-ouest de l’île sur quelques dizaines de kilomètres.

Vivaneau ti jaune
Ti jaune
Thazard
Thazar
Rougette
Rougette
Croissant queue jaune
Grand queue

Parmi ces espèces caractéristiques de cette zone en limite de zone euphotique, on retrouve des vivaneaux comme le plus abondant ti jaune (vivaneau à raies bleues Lutjanus kasmira), dont parfois plus de 10 tonnes sont débarquées annuellement, ou le thazar (vivaneau job Aprion virescens), et des mérous, souvent de couleur rouge, d’où le nom générique de ces poissons appelés souvent « rouges » en créole, comme la rougette (mérou oriflamme Epinephelus fasciatus), le très recherché grand queue (croissant queue jaune Variola louti) ou le proche tire boure (croissant queue blanche Variola albimarginata). D’autres mérous sont plus rares, typiques de ces profondeurs comme le très connu rouge ananas (vieille ananas Cephalopholis sonnerati) ou le plus courant ananas batar (Cephalopholis aurantia). Certaines espèces de mérous sont même considérées comme en danger d’extinction à La Réunion, comme le culotte de singe (mérou longues épines Epinephelus longispinis), lui aussi désormais interdit de pêche.

Beauclaire
Beauclair
Carangue bleue
Carangue bleue
Capucin nageoires jaunes
Capucin jaune
Capitaine blanc
Capitaine tatoué

A ces profondeurs, une plus grande diversité de groupes d’espèces se répartissent le long des pentes et sur les "secs », comme au large de Saint-Gilles dans l’ouest. On y trouve ainsi des espèces caractéristiques comme les beauclairs (comme Priacanthus hamrur), des carangues comme la plus pêchée carangue bleue (Caranx melampygus), des capucins comme le barbarin (capucin orange Mulloidichthys pfluegeri) ou le capucin jaune (capucin de Vanicolo Mulloidichthys vanicolensis), des capitaines comme le capitaine pissa (empereur gris Gymnocranius griseus), le capitaine tatoué (empereur tatoué ou empereur moris Gymnocranius granducolis) ou le baksou ou capitaine gueule rose (empereur honteux Lethrinus rubrioperculatus).

Pterois miles
Poisson larmé
Epinephelus merra
Macabit

Plus immédiatement proche de la surface et jusqu’à l’intérieur des dépressions d’arrière-récif, entre les « patates » de corail dans le « lagon », on trouve des espèces typiques comme le petit mérou macabit (mérou gâteau de cire Epinephelus merra), le parfois pêché poisson larmé (rascasse volante Pterois miles) et les fameux capucins « carême » (Mulloidichthys flavolineatus), seuls autorisés à la pêche « traditionnelle » au filet pour les pêcheurs professionnels lors de la saison autorisée entre janvier et fin avril.


Les crustacés et les mollusques

Crabe girafe
Crabe girafe
Langouste verte
Langouste verte

Des pêches aux casiers et balances sont pratiquées pour pêcher deux types de crustacés à La Réunion : le crabe girafe (Ranina ranina) et les langoustes (Palinuridae), dont au moins 4 espèces sont recensées à La Réunion, comme la langouste verte (Panulirus penicillatus) la plus courante. Si la première exploitation permet à plusieurs pêcheurs professionnels d’exploiter les zones sableuses côtières, habitat des crabes-girafes, avec une certaine rentabilité, la pêche des langoustes à La Réunion est surtout pratiquée de nuit par des plongeurs sous-marins « de loisirs » dans les zones rocheuses côtières disposant d’anfractuosités où ces dernières se réfugient pendant la journée. Certains pêcheurs ont aussi découvert une ressource de crevettes profondes, secret bien gardé et encore peu renseigné...

Calmar
Morgate
Zourite
Zourite

Concernant les mollusques, à la saison favorable, les pêcheurs ciblent les calmars ou morgates (encornets Loliginidae et Ommastrephidae) le long des zones récifales coraliennes, où leur concentration les rend plus facilement accessibles à la ligne de traîne à la mitraillette. Des zourites (poulpes Octopodidae) sont parfois remontés dans ces casiers, mais aucune exploitation de pêche à pied professionnelle n’est autorisée pour cibler ces mollusques dans le périmètre de la Réserve Nationale Marine, uniquement réservée aux pêcheurs de loisirs titulaire d’une « carte de pêche », autorisation délivrée annuellement par le GIP RNMR.


Crédits photo: Ifremer Réunion