
Avec la collaboration de la Réserve Naturelle Nationale Marine de La Réunion
Le corail, organisme constructeur des récifs coralliens
![]() Vue aérienne du récif de La Saline les Bains (Photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2009) |
<- Les milieux coralliens sont des habitats naturels exceptionnels abritant de nombreuses espèces animales et végétales. À La Réunion, 80% des récifs coralliens, soient près de 1 500 hectares, se situent dans l’Ouest et le Sud-Ouest de l’île dans le périmètre de la réserve naturelle marine de La Réunion (RNMR). Ils sont souvent associés à d’autres habitats comme les herbiers de phanérogames (plantes marines), les affleurements basaltiques ou les zones de galets. |
| Les récifs coralliens sont des structures calcaires bio-construites par des coraux à squelette dur qui abritent de minuscules animaux mous, les polypes -> Chaque polype de la colonie corallienne vit en symbiose avec des microalgues appelées zooxanthelles : ce sont elles qui donnent leur couleur aux coraux. Elles peuvent apporter jusqu’à 90% de l’énergie au corail grâce à la photosynthèse qui produit sucres et oxygène, indispensables à la croissance du corail. Cette croissance est très lente : selon les espèces, elle varie de 1 à 10 cm par an. |
![]() Des polypes d'Acropora tenuis sortent leurs tentacules de leur squelette calcaire externe pour "chasser" leurs minuscules proies pendant la nuit (Photo: M. Vayeratta, GIP RNMR 2023) |
Dans la réserve marine, il existe plus de 200 espèces différentes de coraux « durs » avec des formes très variées : branchues, comme les Acropores aussi appelés « coraux corne de cerf », massifs ou en forme de boule comme certains Porites, foliacés, encroûtants, digités ou encore tabulaires en forme de plateaux… Ils offrent abris et couvert pour de nombreuses espèces marines.
![]() Coraux branchus (Acropora sp.), dont un massif est ici blanchi suite à une coulée de boue à Saint-Leu (photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2012) |
![]() Coraux encroûtants (Galaxea sp.) et branchus (Pocillopora sp.) dans le lagon de l'Hermitage (photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2023) |
![]() Coraux tabulaires dans le lagon de Saint Leu (photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2023) |
Pour se développer, les coraux ont besoin d’eaux claires et de lumière. Ils sont très sensibles aux modifications des conditions environnementales : apport d’eau douce, température trop élevée (supérieure à 31°C) et eau turbide (chargée de sédiments) peuvent provoquer des phénomènes de blanchissement (perte de leur couleur après expulsion des algues symbiotiques). Heureusement, cette situation n’est pas définitive : si les conditions redeviennent favorables, les polypes peuvent récupérer leurs algues et leur vitalité.
Les services rendus par les récifs coralliens sont nombreux
Vagues déferlant sur la barrière de corail, pente externe du récif corallien (Photo: CRPMEM Réunion) |
Le front récifal constitue un formidable brise-lames qui assure la protection de la côte et des aménagements (habitations, ports, routes, etc.) face aux phénomènes d’érosion amplifiés avec le changement climatique.
![]() L'abri côtier du bassin pirogue à Etang-Salé, protégé des houles du large par la barrière de corail (Photo: CRPMEM Réunion) |
![]() Le sable blanc des plages de l'Ouest de La Réunion (Photo: CRPMEM Réunion, 2025) |
<- C’est grâce aux récifs coralliens que La Réunion a des plages de sable blanc : il est directement fabriqué par l’altération des squelettes calcaires qui s’entrechoquent et s’érodent sous l’action des vagues pour former des grains de sable. |
| Les lagons peu profonds constituent des lieux de vie privilégiés et sécurisés pour les jeunes poissons, à l’abri des gros prédateurs du large : ce sont des nurseries pour de nombreuses espèces. Après avoir atteint une taille raisonnable, ces mêmes individus quittent ensuite les lagons pour des zones plus profondes, de l’autre côté de la barrière récifale -> | ![]() Coraux et juvéniles de poissons demoiselle dans le lagon de la Saline les Bains (Photo: P. Petitjean, GIP RNMR 2020) |
![]() Poisson ange empereur et beauclair (Photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2006) |
<- Sans barrière il n’y aura ni lagon, ni plage, ni activités nautiques et balnéaires dans des zones sécurisées. La biodiversité marine abritée par les écosystèmes coralliens bénéficie directement au tourisme et à l’économie locale : hôtellerie et restauration, plongée sous-marine, sports nautiques, balade en mer, observation de la méga faune marine, pêche…![]() Pêcheur gaulette sur le platier corallien (Photo: CRPMEM Réunion) |
La pêche maritime autour des récifs coralliens de La Réunion
La pêche maritime, qu’elle soit professionnelle ou de loisir, fait partie des pratiques autorisées dans la réserve marine mais elles sont encadrées par des réglementations.
![]() Pêche aux capucins nains au filet (Photo: Avalery, GIP RNMR) |
Près de 70 pêcheurs professionnels embarqués exercent leur métier dans la réserve marine avec une autorisation délivrée par le CRPMEM de La Réunion (la "licence réserve"). Ils sont les seuls autorisés à vendre le produit de leur pêche, participant ainsi à l’économie locale et offrant du poisson frais aux réunionnais. Parmi les espèces de poissons des récifs coralliens les plus prisées, on peut citer les vivaneaux, les mérous, les carangues, les capucins barberin, les capitaines…
<- Dans les lagons, quelques pêcheurs professionnels pratiquent la pêche des capucins nains ou capucins carême (Mulloidichthys flavolineatus) avec l'autorisation délivrée par la "licence réserve". |
La pêche de loisir se pratique sur les pentes externes en mer ou le long des falaises rocheuses.
Il s’agit de pêche à ligne (avec ou sans moulinet)...![]() Pêcheur de loisirs à la gaulette dans le lagon, forcément titulaire d'une carte de pêche délivrée par la DMSOI (Photo: C. Cadet, GIP RNMR 2010) |
... ou de pêche sous-marine (fusil) et embarquée (depuis un bateau)![]() Canot de pêche de plaisance (il n'y a pas de lettre "P" sur la coque indiquant un pêcheur professionnel) (Photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2010) |
Dans les lagons, il existe trois pratiques de pêche de loisir à pied, dites « traditionnelles » : la pêche à la gaulette où les pêcheurs ciblent principalement les espèces de petits mérous, comme le macabit (Epinephelus sp.) ; la pêche aux zourites (Octopus cyanea) et la pêche aux capucins nains. Ces pêches sont encadrées (jours, horaires, espèces, quotas) et les pêcheurs doivent être titulaires d’une carte de pêche annuelle et nominative délivrée par la DMSOI.
![]() Zourite et carangue dans le lagon (Photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2023) |
![]() Capucins carême dans le lagon (Photo: B. Cauvin, GIP RNMR 2024) |
La protection des récifs coralliens et la gestion durable des stocks de poisson est une responsabilité collective. Nous pouvons tous agir en adoptant les bons gestes et les bonnes pratiques !
| Pour en apprendre plus sur ces différentes règles, vous pouvez télécharger l’application mobile gratuite de la réserve marine « RNMR » sur les plateformes de téléchargement -> | ![]() |















