Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de La Réunion

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Les cétacés

Les cétacés

Les eaux de La Réunion accueillent 26 espèces de cétacés différentes

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Avec la collaboration de Globice

Ces 26 espèces de cétacés sont classés en deux groupes : les mysticètes (cétacés à fanons, 6 espèces) et les odontocètes (cétacés à dents, 20 espèces). Ces espèces fréquentent des habitats variés, eaux côtières ou zones océaniques profondes.


En zone côtière, les petits cétacés font le spectacle

Derrière le terme générique de « marsouins », parfois employé par les pêcheurs, se cache une grande diversité d’espèces dont certaines sont régulièrement observées par les pêcheurs. Evoluant dans le même environnement, les pêcheurs et les cétacés partagent les mêmes ressources et la cohabitation n'est pas toujours sans difficulté.

Comme ils fréquentent les zones de pêche, se nourrissant des mêmes proies, cela peut occasionner des interactions où les dauphins prélèvent directement les captures sur les lignes, ou des dispersions des bancs de poissons, rendant la pêche plus difficile, et plusieurs observations d'enchevêtrement avec des lignes de pêche ont été reportées ces dernières années sur des petits cétacés.


Grand dauphin commun
(Photo: E. Gentelet, Globice)

<- Les dauphins (notamment les dauphins tachetés Stenella attenuata, les dauphins à long bec Stenella longirostris et les grands dauphins communs Tursiops truncatus et de l'Indo-Pacifique Tursiops aduncus) sont les plus fréquemment rencontrés à proximité des côtes.

Pour autant, les pêcheurs sont plus souvent heureux de voir les dauphins jouer dans l'étrave de leur bateau !


Les baleines à bosse, reines de l'hiver austral


Baleines à bosse
(photo: E. Bachelet, Globice)
<- Pendant l’hiver austral (juin à octobre), les baleines à bosse (Megaptera novaeangliae) fréquentent également les eaux réunionnaises, jusque dans les zones très côtières pour se reproduire, parfois en très grand nombre, faisant le régal des observateurs depuis les côtes ou en mer !
Les interactions avec la pêche sont généralement indirectes, mais il existe un risque réel d’enchevêtrement avec les engins ou les mouillages: plusieurs observation de ce type ont été reportées au cours des dernières années à La Réunion.
Les risques de collision avec les embarcations sont plus élevés, en particulier lors des déplacements ou des manœuvres , pour les cétacés comme pour les tortues marines, et une équipe "Quiétude" spéciale a été mise en place à La Réunion pour sensibiliser les navigateurs à cet effet ->


Plus au large, des cétacés qui s'en prennent aux captures des pêcheurs !

Plus au large, les pêcheurs palangriers côtiers et hauturiers rencontrent plus souvent ceux qu'ils appellent "les globis", qui sont en fait deux espèces principales, les pseudorques (Pseudorca crassidens) et les vrais globicéphales (Globicephala macrorhynchus) : ces deux espèces en particulier sont capables de repérer les prises et de se servir directement sur les lignes des palangres horizontales dérivantes, en mangeant les prises le plus souvent entièrement (thons, espadons, marlins...), ce qui peut entraîner des pertes significatives et endommager le matériel: ce phénomène est appelé "déprédation". Ces interactions sont rapportées dans plusieurs zones de l’océan Indien et d'autres espèces sont potentiellement impliquées comme les orques pygmées (Feresa attenuata ; fiche d'identification Globice -> ici ) et les dauphins de Risso (Grampus griseus ; fiche d'identification Globice -> ici ). 


Pseudorque (Photo: Globice)
Fiche d'identification Globice -> ici

Globicéphale (Photo: B. Rota, Globice)
Fiche d'identification Globice -> ici

Dans l’océan Austral à la pêche à la légine, le phénomène de déprédation est aussi très important, avec les cachalots (Physeter macrocephalus), qui interagissent régulièrement avec les palangres de fond, et les orques (Orcinus orca; fiche d'identification Globice -> ici ) qui sont particulièrement observés autour des lignes des palangriers à Crozet


Cachalot et albatros
(Photo: N. Gasco, MNHN BOREA)

Orques arrivant sur bateau
(Photo: P. Tixier, CNRS)

Comme les autres odontocètes, ce sont des mammifères sociaux qui utilisent l’acoustique pour se repérer dans leur environnement et pour chasser. Ils sont capables de repérer les bateaux à plusieurs centaines de mètres, voire plusieurs kilomètres, de repérer et capturer les proies sur un ligne de manière très précise, d'apprendre et de transmettre des informations complexes. Une fois quelques individus acquis à la déprédation, ce comportement alimentaire est réputé se propager rapidement à l'ensemble d'un groupe ou d'une population en quelques années: c'est sans doute ce qui s'est passé à Crozet avec les orques dans les premières années de l'exploitation, et les palangriers léginiers mettent en oeuvre des stratégies d'évitement complexes, formalisées dans les prescriptions techniques edictées par l'administration des TAAF pour cette pêcherie, afin de tenter d'empêcher que ce comportement ne se transmette aux orques présents autour de Kerguelen.

Schema depredation Gaetan Richard 1
<- schéma de la déprédation par les cachalots et les orques sur les palangres de fond utilisées pour pêcher la légine australe dans les eaux des Terres Australes Françaises

(Illustration: G. Richard, CNRS Orcadepred)

À La Réunion et dans les eaux des TAAF, cette déprédation par les odontocètes est particulièrement suivie et étudiée par les organismes scientifiques, en collaboration étroite avec les pêcheurs, pour essayer de trouver des parades à ce phénomène qui modifie le comportement naturel des cétacés et peut engendrer des pertes économiques significatives pour les armements. Ces dernières années, cela a notamment été l'objet du projet PARADEP coordonné par l'IRD pour la pêche palangrière réunionnaise et du projet ORCADEPRED coordonné par le CNRS et le MNHN pour la pêche à la légine.


Pour une cohabitation harmonieuse entre pêcheurs et cétacés

Quelle que soit l’espèce, l’action de pêche peut occasionner des dommages aux cétacés. Or ces espèces sont protégées et jouent un rôle clé dans la structuration et l'équilibre des écosystèmes. Les solutions passent par l’échange d’expérience entre pêcheurs et scientifiques.


Une baleine à bec de Blainville
(Photo: P. Monthule, Globice)
<- La baleine à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris) est un odontocète rarement observé dans les eaux réunionnaises


Pêcheurs et cétacés seront toujours voués à cohabiter, et au même titre que tous les usagers de la mer, ils sont invités à signaler leurs observations de cétacés, et à communiquer avec les associations comme Globice pour mieux imaginer ensemble des solutions aux problématiques qui peuvent résulter des interactions avec les cétacés.

ObsEnMer
<- Pour participer à la connaissance des cétacés, dans une logique de science participative, tous les usagers de la mer sont invités à utiliser l'application ObsEnMer dédiée 


Dans la pratique, plusieurs mesures permettent de limiter les problèmes :

éviter de pêcher à proximité immédiate des groupes de cétacés

relever les lignes rapidement en cas d’interaction

signaler les situations inhabituelles (enchevêtrement, prise/relâché, comportement anormal), en contactant en urgence le CROSS Sud-océan Indien  Logo CROSS OI 
ou le réseau échouage de La Réunion; des équipes de Globice ont été spécialement formées pour faire face à ce type de cas, qui peut devenir très dangereux pour le pêcheur s'il tente lui-même d'y remédier ! -> 

adapter certains engins ou pratiques lorsque c’est possible.
Réseau Echouage