
Avec la collaboration de Stéphane CICCIONE, Kelonia-RMR et administrateur du Centre d'Étude et de Découverte des Tortues Marines (CEDTM)
Les cinq espèces de tortues marines que l'on peut observer dans les eaux autour de La Réunion sont la tortue verte (Chelonia mydas), la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata), la tortue caouanne (Caretta caretta), la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) et la tortue luth (Dermochelys coriacea).
En raison de l’étendue de leurs habitats et de leur biologie, elles peuvent entrer en interaction avec les pêcheurs. Les quatre premières espèces et les juvéniles de la cinquième espèces étant carnivores, elles peuvent être victimes de pêche accidentelles en avalant les appâts sur les lignes de pêche et se retrouvant piégées avec les hameçons. Les tortues marines doivent remonter régulièrement en surface pour respirer, et régulent leur température en se chauffant au soleil à la surface. Ce qui les rend sensibles au risque de collisions avec les navires rapides.
![]() Tortue verte sur un herbier (Photo: S. Ciccione, CEDTM/Kelonia) |
![]() Tortue imbriquée sur un tombant corallien (Photo: S. Ciccione, CEDTM/Kelonia) |
La fréquence de ces espèces n’est cependant pas homogène. L’espèce la plus abondante, et la seule à se reproduire à La Réunion est la tortue verte ou "torti d’mer" en créole (Chelonia mydas). Des juvéniles sont présents parfois dans les lagons mais surtout sur les tombants jusqu’à 30 m de profondeur où ils se nourrissent d’algues rouges. Les adultes sont souvent plus au large jusqu’à 60 m de profondeur. Quelques accouplements sont observés qui débouchent parfois sur des pontes sur des plages de l’Ouest.
La tortue imbriquée ou tortue caret (Eretmochelys imbricata) est assujettie aux récifs coralliens sur lesquels elles se nourrit d’espèces sessiles, d’invertébrés. Elle complète son régime alimentaire avec des algues et des éponges. C’est l’espèce la plus observée dans les lagons, mais elle est aussi présente jusqu’à 45 m de profondeur.
Ces deux espèces montrent un attachement spécial fort sur les zones du littoral où elles se nourrissent. Quelques déplacements ont été observés jusqu’à Maurice ou les îles plus au Nord (St Brandon pour les imbriquées et Tromelin pour les vertes).
![]() Une tortue olivâtre en pleine eau (Photo: S. Ciccione, CEDTM/Kelonia) |
![]() Une tortue caouanne en surface (Photo: S. Ciccione, CEDTM/Kelonia) |
La tortue luth (Dermochelys coriacea) et la tortue olivâtre (Lepidochelys olivacea) sont exclusivement pélagiques. Même si de rares spécimens de tortue caouanne (Caretta Caretta) ont été observés sur le littoral ouest, cette espèces est aussi pélagique à La Réunion. Des stades juvéniles ou subadultes sont observées au large par les pêcheurs et sont parfois victimes de captures accidentelles.
Une tortue luth emmêlée dans une ligne de pêche d'un palangrier réunionnais: elle sera libérée et remise à l'eau par les pêcheurs eux-mêmes, partenaires du projet ACTIVE -> | ![]() (Photo: équipage du palangrier "Vetyver 7", septembre 2025) |
A l’initiative des pêcheurs palangriers de La Réunion un partenariat avec les scientifiques (Ifremer, CEDTM et Kelonia) a été mis en place pour comprendre les causes des interactions avec les pêcheries, et réduire les conséquences sur ces espèces protégées. Ce partenariat a permis d’améliorer considérablement les connaissances sur ces espèces dans la zone en identifiant l’origine de ces populations, leur migration, leur mode d’orientation et leur comportement de plongée.





