Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM) de La Réunion

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Les récifs artificiels

Les récifs artificiels

Des habitats artificiels pour renforcer la productivité naturelle des zones côtières

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Imiter la nature

La définition d’un récif artificiel donnée par la FAO est la suivante : « construction humaine immergée », dont le but est « d’accroître la productivité du milieu et/ou protéger certaines zones du fond marin ». Historiquement en effet, des structures en béton ont été immergées dans des zones côtières pour empêcher le déploiement d'engins de pêche, comme le chalut en particulier, en y provoquant ainsi le risque de croche.

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Aujourd'hui, les récifs artificiels sont utilisés pour reproduire la diversité et la complexité des habitats sous-marins adaptés aux stades de vie des espèces marines, et sont considérés comme de véritables outils de développement durable. Ainsi, dans certaines zones côtières sableuses et très homogènes, ou lorsque les habitats sont très dégradés à cause de la pollution ou des aménagements littoraux, le facteur limitant qui empêche la fixation, la survie et la croissance de larves de poissons est l'absence d'abris de bonne qualité, où s'y cacher et se protéger des prédateurs: l'immersion d'habitats artificiels disposant d'anfractuosités permet alors, à condition que les zones et les profondeurs d'immersion soient adaptées, aux larves de s'y fixer et d'y croître, puis aux juvéniles qui y auront grandi de rejoindre leurs habitats habituels au stade adulte.

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Au Japon, une politique extrêmement volontariste a été menée depuis le XXème siècle avec l'aménagement de milliers de km² de littoral fortement urbanisé et historiquement surexploité, par l'immersion de dizaines de milliers de structures de récifs artificiels de très grandes dimensions, adaptées à des centaines d'espèces côtières. Ces initiatives, très suivies et encadrées, sont considérées comme ayant permis de véritablement sauver la petite pêche artisanale côtière, de la maintenir de manière durable et d’approvisionner le marché local, très demandeur. Aujourd'hui associés à des techniques ultra modernes de sea-ranching, les récifs artificiels contribuent à un aménagement harmonieux de la zone côtière, en conciliant préservation des milieux et de la biodiversité, et soutien à la pêche artisanale.


Le précédent "CORAIL Réunion"



Les "hexapodes" fabriqués à partir de poteaux EDF recyclés

Entre 2007 et 2012, à l'initiative du CRPMEM de La Réunion, de la Ville du Port et d'EDF Ile de La Réunion, un projet de création de récifs artificiels fabriqués à partir de poteaux en béton recyclés (matière 100% inerte et idéale pour le "fouling" des organismes marins, comme le corail en particulier) a été mené. Il avait été baptisé CORAIL REUNION, pour "COlonisation de Récifs Artificiels à l'ILe de la REUNION".

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Plusieurs types de structures modulaires avaient été conçues, fabriquées et immergées sur des zones sableuses côtières en Baie de Possession, Baie de Saint-Paul, à Saint-Leu et Etang-Salé, et suivis pendant plusieurs années afin d'en retirer les enseignements scientifiques très utiles pour un déploiement à plus grande échelle. À La Réunion, île volcanique jeune aux pentes marines très abruptes, les plaines sableuses côtières constituent des discontinuités pauvres dans le "paysage marin côtier", avec des habitats pauvres en abris, alors que les habitats profonds sont plus diversifiés: l'immersion de récifs artificiels avait pour objet de constituer un "corridor écologique" propice à la meilleure survie et à la croissance d'espèces démersales, dont les larves recrutent en grandes quantités sur les habitats littoraux, mais ne bénéficient pas de suffisamment d'habitats intermédiaires pour coloniser les zones profondes au stade adulte.

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Schéma de fonctionnement des récifs artificiels dans le projet CORAIL Réunion

En Baie de Possession (Source: thèse M. Pinault)

Les observations sous-marines réalisées au cours des années suivant l'immersion de ces récifs artificiels ont permis de rendre compte du très grand potentiel de cette démarche, saluée alors par l'ensemble des acteurs et organismes du milieu marin à La Réunion.

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Vers une approche intégrée au service de la biodiversité marine et de la pêche artisanale côtière

Aujourd'hui, le CRPMEM de La Réunion et ses partenaires OCEA'Consult et CITEB souhaitent développer la démarche à l'échelle de toute l'île de La Réunion, en la couplant avec la démarche très prometteuse et désormais mieux connue du sea-ranching de post-larves d'espèces de poissons récifales et démersales. C'est notamment l'objet du prochain projet TRAPALI (pour Technique de Restauration et d'Appui à la Pêche par l'Aquaculture de Larves d'Intérêt ), qui devrait voir le jour au cours de l'année 2026. À suivre de près !


(Photos et illustrations: G. Marquis, 2011; CRPMEM Réunion, 2009 à 2012)